Le film Invictus, de Gary Cooper, comporte d'excellentes leçons de leadership.
Je pense en particulier à la scène qui se passe au palais présidentiel de Pretoria, entre Nelson Mandela et le capitaine de l'équipe de rugby, François Pienaar, à l'heure du thé.
Rappelons d'abord la scène. Mandela demande à Pienaar quelle est sa conception de son rôle de capitaine de l'équipe. Le rugbyman répond aussitôt qu'il essaie toujours de donner l'exemple, considérant qu'un vrai chef doit s'investir pleinement. Commence alors une conversation sur le thème du leadership; Mandela y mentionne l'importance d'un leadership inspiré, en racontant que, durant ses 20 années d'incarcération politique, il avait été fortement aidé par un poème du XIXe siècle, intitulé Invictus.
Le capitaine lui réplique alors que, dans le car, pendant que l'équipe se rend aux matches importants, alors que les joueurs se concentrent dans le silence, il met, à un moment donné du voyage, un chant choisi à l'avance et qui a pour but de créer une énergie inspirée, de les galvaniser. Mandela fait comprendre au sportif qu'il s'agit que l'équipe donne plus que son maximum et remporte cette coupe, car elle représente le pays.
Cette scène est capitale, car à partir de ce premier contact, le capitaine transmet à ses coéquipiers cette flamme qui leur permettra, finalement, de remporter la Coupe du Monde en 1994.
Voici maintenant la traduction française de ce poème de William Henley, publié en langue anglaise en 1888 :
INVICTUS
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,
Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,
En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,
Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.
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